Session "Petites Rivières Urbaines"

Introduction à la session Rivières urbaines

Catherine Carré1 et  Michel Meybeck2

1 Université Paris 1, Laboratoire LADYSS,
2 UMR Sisyphe, UPMC / CNRS

 

Depuis plusieurs années, les travaux du Piren Seine se sont élargis à l’ensemble des masses d’eau, en considérant l’apport des études historiques des petites rivières urbaines à la connaissance du bassin versant de la Seine et de son fonctionnement, avec les travaux autour de Paul Benoit, Larence Lestel, Sabine Barles, et les chercheurs du LAMOP. Le programme PRUne (petites rivières urbaines) a renforcé cette approche en postulant l’existence d’un objet « Petites rivières urbaines en Ile-de-France », supposant une cohérence d’analyse et d’action, appliquée à quatre cours d’eau : la Bièvre, l’orge, l’Essonne et le Grand Morin. Face à la fragmentation de ces rivières et la multitude d’acteurs impliqués, les enjeux semblaient aujourd’hui centrés sur la construction - ou non - d’une vision commune du cours d’eau, qui permette de réduire/ résoudre les malentendus et les contradictions entre les acteurs, et qui permette de concilier le maximum d’usages de l’eau et des milieux.

Le renforcement des travaux des sciences naturalistes par les sciences sociales doit maintenant permettre aux équipes du Piren-Seine de systématiser, autour de l’objet commun « petite rivière urbaine », l’analyse des usages, des perceptions, des valeurs qui fondent les actions des hommes sur la rivière et sur les milieux aquatiques. Ces études doivent être menées sur le temps long pour obtenir un objet, des critères, transposables hors Ile-de-France à d’autres cours d’eau urbains ou périurbains. Cela fera l’objet de la présentation de Paul Benoit.

Sur la période contemporaine, l’analyse des interactions entre les acteurs et les territoires aménagés repose sur une démarche théorique et empirique de recueil des discours des acteurs de la rivière, qu’ils soient publics (services de l’Etat et assimilés, élus et personnes des collectivités territoriales) ou privés (associations, entreprises, habitants). En plaçant les usages, les perceptions de la rivière et la construction des valeurs accordée à l’eau et à la rivière et dont découle la vision qu’en a la société à une période donnée, une des questions centrales porte sur les modalités de la construction de la qualité de la rivière. La présentation de Catherine Carré esquissera, autour des impacts sur la rivière et des enjeux de la participation des usagers, l’élaboration d’un modèle rétrospectif de l’évolution de la qualité des rivières du XIXe siècle à aujourd’hui.

Puis la présentation de Jean-Paul Haghe cherchera à apprécier, autour des pratiques de la rivière par les habitants, le degré d’appropriation actuelle de la rivière et sa cohérence avec les politiques publiques de gestion des cours d’eau. Enfin, José-Fréderic Deroubaix interrogera les projets en cours de renaturationrestauration de cours d’eau pour comprendre comment les acteurs se mobilisent en faveur - ou en défaveur - de ces projets.

Sur la période contemporaine, l’analyse des interactions entre les acteurs et les territoires aménagés doit désormais être menée à plusieurs échelles, en considérant les bassins versants comme des entités spatiales ouvertes, soumises à de nombreuses interactions externes, tant réglementaires, qu’économiques et financières, et sociales. Cependant, ce travail s’inscrit dans une unité d’espace qui permet les interactions entre les disciplines. La rivière Orge est étudiée tant par les sciences sociales que les sciences de l’environnement, avec les deux présentations complémentaires sur les contaminations du bassin de l’Orge par les micropolluants, plus spécifiquement centrée sur l’étude des pesticides de l’Orge et les impacts des rejets urbains, dans la présentation de Fabrizio Botta, et, d’une façon plus large, sur les contaminations et les effets toxiques associés, pour celle de Pierre Labadie. Enfin, il s’agit de capitaliser les apports du bassin de l’Orgeval, apparemment un peu éloigné d’une problématique urbaine, mais le bassin versant le mieuxdocumenté, outillé, et qui doit permettre d’expérimenter une méthode d’inventaire des caractéristiques morphologique des cours d’eau d’un réseau hydrographique afin de la transposer à des bassins urbains ; ce qui sera exposé par Jérome Belliard pour conclure cet atelier.